Le jour finit par se lever sur nos deux corps unis l'un à l'autre. Je n'attendais que ton réveil pour finalement me lever. Je te regardais : tes jambes si lisses, ta peau si douce et tes paupières à peine fermées qui ne m'ont jamais empêché de t'aimer. T'aimer de tout mon c½ur pour m'épanouir le plus possible.
Tes paupières se sont baissées. La légèreté du bleu de tes si magnifiques yeux me fit sourire. Cette plénitude ne pouvait qu'illuminer ma journée. Tu me regardas et tu me dis :
¡ª Chéri, comment sommes-nous arrivés là?
Mais, que se passait-il? Ne te rappelais-tu pas ce que nous avions fait la soirée dernière et toutes celles avant? Que s'était-il produit dans ta tête pour qu'un moment si mémorable ait été si vite oublié? Je ne pouvais laisser ce vide dans l'esprit de ma douce sucrerie.
¡ª Tu ne te souviens donc pas? dis-je.
Tu te frottais les yeux tandis que je m'étais levé pour m'habiller, me mettre à mon aise.
¡ª Mais non, s'exclama-t-il, et, en fait, où sommes-nous?
Diantre, tu n'avais même plus le souvenir de l'endroit où nous étions. Ce matin, ça n'allait tout simplement pas. Moi qui étais si joyeux de me lever aux côtés de mon âme s½ur (ou plutôt frère si je peux m'exprimer ainsi). J'avais l'intention de nous préparer un déjeuner digne de ce nom. J'ai perdu toutes mes ambitions festives. Comme il aurait été bon ce repas avec des ½ufs tournés, du bacon fumé et des petites pommes de terre rissolées. Mais, ce que j'espérais faire ne s'est jamais produit. Le plus rapidement possible, je devais te rafraichir la mémoire qui semblait avoir momentanément effacée. Je te demandai :
¡ª Quel est ton dernier souvenir, chéri?
Tu pris un temps pour me répondre et me dit :
¡ª Je me rappelle du moment où nous sommes allés chez tes parents, le 8 mai dernier.
Mais... mais... mais... que représente ce tel trou de mémoire? Suis-je si inintéressant? Pourquoi Stéphane ne se rappelle-t-il déjà plus tout ce que nous avons vécu depuis le dernier mois? Et encore, pourquoi ne te rappelles-tu que de la fête de ma mère? C'est si intrigant. En silence, tout en me creusant la tête, je te regardais fixement.
Pendant ce temps, mon cher ami s'était recroquevillé sous les couvertures pour continuer de profiter de ce moment de chaleur qui risquait de ne plus durer éternellement. Pourquoi? Je n'en savais rien, mais ce que je savais, c'est que nous allions nous asseoir tous les deux et que j'allais te remémorer tout ce qui s'était produit depuis tout ce mois.
Je te tendis la main. Tu t'agrippas à cette dernière et je pus apercevoir avec abandon, lorsque tu te levas, tes jolies courbes. Tes fesses si bien dessinées ne pouvaient que me fasciner. Tes lèvres, rouges comme une cerise bien mûre, ne firent que m'attirer. Je ne pus malheureusement pas me retenir et je me dirigeai vers celles-ci. J'ai voulu t'embrasser, mais tu m'as repoussé.
Vraiment, rien n'allait aujourd'hui. Tu me repoussais et je ne savais pas pourquoi. Est-ce que ta mémoire était si défaillante ou bien était-ce moi, le problème?
Quelques heures passèrent et je cherchais avidement comment je pourrais te faire recouvrer la mémoire. Quelle technique pourrais-je utiliser? La tapisserie fleurie de notre cuisine ne réussissait même pas à me décrocher le moindre sourire ou bien la moindre idée. Le rose et le pourpre étaient si, si, si... si quoi au juste? Pouvais-je vraiment décrire ces couleurs? L'état dans lequel je me trouvais ne me permettrait pas vraiment de les décrire. La larme à l'½il et le pied tapant au sol, je ne voyais que de façon diffuse ce qui se tramait devant moi. Mon avenir semblait si effacé que je n'entrevoyais aucun espoir par delà ma déchéance et ma tristesse.
Soudain, DING, une clochette sonna. J'avais une idée, du moins, c'est ce que je croyais. Mais l'illusion était si bonne que j'en viens à me croire. Je haussai alors les épaules vers la fenêtre crasseuse qui ne demandait qu'à être lavée (je devrais faire ça tout à l'heure). J'ai vu notre cher facteur. Ce DING, c'était la clochette que le facteur avait fait sonner pour nous signaler que nous avions du courrier. Ce qu'il pouvait être rabat-joie, parfois, ce foutu postier. Je me suis donc levé et j'ai essayé de surplomber les incalculables déchets qui jonchaient le sol. La nourriture consommée la veille était si nauséabonde et si dégoûtante que je ne pris même pas le temps de la regarder avant de l'enjamber. Un autre obstacle : la fameuse poubelle. Noire et toute bossée. Je ne l'avais jamais utilisée. Elle était si horrible que même le mutant du docteur Frankenstein n'aurait jamais voulu y jeter le moindre déchet. Elle me dégoûtait. Mais bon, encore moins que mon chagrin et l'état dans lequel se trouvait mon pauvre c½ur meurtri. Je me suis demandé, encore une fois, comment mon cher amant avait pu oublier en un si court laps de temps tout ce que nous avons vécu ensemble. Malgré de telles pensées noires, j'ai continué de progresser vers la porte. Voilà que notre bon vieux chat, Brutus, se trouvait avachi sur le parquet, sur notre bon vieux tapis sur lequel était inscrit: « Welcome ». Il était si usé que nous n'avions même pas pris la peine d'acheter un panier pour ce cher Brutus. Du moment où nous avions acquis cette grosse boule de poil, il se l'était approprié. Maintenant, il puait. Je dirais même qu'il empestait. Un jour, Stéphane et moi avions pensé nous en départir, mais non. Brutus a failli nous saigner comme on le fait avec un porc. On a assez vite compris que c'était impossible, qu'on ne pouvait pas le jeter aux ordures. On s'est alors résigné. Mais, trêve d'anecdote, me voilà enfin rendu à la porte : j'ouvre.
AHHHHHHHHH!!!! La lumière diffuse m'aveugle. Non qu'il fasse soleil, bien au contraire, il pleut des cornes, mais à l'intérieur il fait si sombre. Je n'osais même pas approcher la limite du perron. Je serais vite trempé. Et moi qui n'aie pas beaucoup de chair et encore moins de gras, je risquerais d'attraper une pneumonie assez rapidement. Fini la discussion. Je vais prendre ce foutu courrier. Sûrement qu'il va y avoir encore notre lot de factures et je ne me trompe pas : Hydro, TELUS pour mon copain bien sûr. FIDO pour le vieux schnock qui n'habite plus ici. J'ai bien hâte qu'il finisse par changer son adresse, je ne suis pas une secrétaire. Bell pour moi : Ouch 75$. Ça m'apprendra à naviguer sur le WEB avec mon cellulaire. Finalement, je retrouve un publi-sac. Je l'ouvre. De la pacotille pour faire élargir son pénis (encore une fois), des bons de réductions pour encore aller manger au McDo.
Si vous voulez connaître la suite, vous avez juste à en faire la demande. Bonne lecture et à la prochain e!!!!